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| C'est au nouveau gouvernement de jouer |
Le résultat d'une enquête dont le sujet est "qu'est-ce qui vous attend dans l'avenir?" faite encore au mois de juin 1997 à Závody vypoctovej techniky (ZVT) (Usine de production informatique) à Banská Bystrica, aurait sans doute été pessimiste. Un mois plus tard, la situation change radicalement - la coopération avec le groupe français BULL redonne de l'espoir à l'ex-fabricant d'ordinateurs personnels.
Un des
plus grands producteurs mondiaux de systèmes informati-ques avec
une tradition remontant à 1933, qui porte le nom d'un inventeur
d'origine norvégienne Frederik Rosing Bull, est implanté
en Slovaquie depuis 1993, par l'intermédiaire de sa filiale Bull
Slovakia, qui a le statut de représentation du groupe, et assure
le service et la commercialisation des produits. Toutefois, les possibilités
de la Slovaquie dépassent la simple vente et réparation d'ordi-nateurs.
La valeur de la Slovaquie consiste surtout dans sa possibilité d'être une région d'assemblage des ordinateurs avec un accès sur les pays voisins, y compris la Russie, avec des coûts d'assemblage et de transport réduits, ce qui influence de façon positive le prix du produit et la réussite de son écoulement. La décision du site de production a été prise en faveur de Banská Bystrica, étant donné la base technologique existante, influencée par deux facteurs. Premièrement : dans le passé, ZVT fabriquait déjà des ordinateurs PP 06 et Olivetti; Deuxièmement : la région dispose aujourd'hui d'un enseignement spécialisé et d'une quantité suffisante de spécialistes.
Le visa d'entrée a été accordé à ce projet prometteur, qui devait rapprocher le groupe Bull de ses clients en Europe centrale et orientale, et qui offrait à ZVT un avenir plein d'espoir, par l'ex-gouvernement de la République slovaque, dont l'intérêt était attesté par la présence de l' ex-premier ministre Vladimír Meciar à la signature du contrat. L'accord a été ratifié à Banská Bystrica le 10 juillet 1997 par le président de la so-ciété Bull, à cette époque Jean-Marie Descarpenteries et le directeur général de ZVT, Juraj Bahyl. Le résultat de la mission française à ZVT était le démarrage de la coopération pour la production d'ordina-teurs de marque Zenith Data Systems (ZDS), où la société BULL a apporté la technologie, tandis que ZVT et sa filiale ZVT-Previs ont fourni une dot sous la forme de locaux pour l'assemblage, d'une superficie de 6 000 m2 ainsi que la main d'oeuvre qualifiée. En novembre 1997, culminait la phase préparatoire de la production, et des contrats bi et tri-latéraux ont été signés en-tre ZVT-Previs, Bull France et Packard Bell Israël. Au début du mois de décembre 1997, la ligne d'assemblage était prête à fonctionner et, le 17 décembre, une série d'essai de 40 ordinateurs était au monde.
Cependant, avant même que la ligne nedémarre pleinement la fabrication en série en février 1998, les règlements douaniers l'ont arrêtée. Le partenaire français exigeait de situer le centre d'assemblage, encore dans la période des négociations initiales, dans une zone franche, en justifiant la demande par le fait, que 95% de la production totale devait être réexportée. Les autorités slovaques ont donné la promesse d'autoriser le régime en question.
L'avantage du régime dans le cadre du-quel les pièces importées sont assemblées et exportées comme ordinateurs, sont les frais financiers réduits, vu la franchise de paiement des cautions douanières. Comme le centre d'assemblage n'a pas obtenu la position de zone franche, les pièces destinées à l'assemblage des ordinateurs se sont retrouvées dans les entrepots sous douane.
Rastislav Krupár, directeur de ZVT-Previs nous en fournit l'explication : "La zone franche est définie par la loi N°180, mais les rè-glements d'exécution manquent. Nous avons constaté qu'en vertu de cette loi, aucune zone franche n'a été créée en Slovaquie à ce jour. Il ne nous reste qu'à chercher une solution de rechange".
Une des solutions était d'obtenir des montants financiers suffisamment élevés que ZVT-Previs déposerait sur le compte de la douane comme caution. Mais, comme le souligne R. Krupár, il considère cette démarche comme étrangère aux affaires, puisque la valeur n'est pas créée dans le processus de la production. Il a donc refusé l'emprunt, vu la hauteur de la valeur ajoutée. Une solution acceptable était un acquit-à-caution de la part d'une compa-gnie d'assurance fiable : c'est Union qui est devenue cette compagnie d'assurance : sa réponse était la plus flexible de toutes les compagnies d'assurance abordées. "La caution douanière, à l'aide de l'acquit-à-caution a permis la réalisation de la première phase de la coopération - l'assemblage-même des ordinateurs"; indique R.Krupár. "La deuxième et la troisième étape - la construction d'une base logistique et d'un centre de services pour toutes les pièces Bull fournies aux marchés de l'Europe centrale et orientale - sont conditionnées par l'autorisation de la zone franche".
Une année plus tard, Jozef Klacan, chef de production de ZVT-Previs, considère la situation comme inchangée."La zone franche n'a toujours pas été créée, et nous tentons de nouveau notre chance avec le nouveau gouvernement. Nous avons pu régler les problèmes les plus graves en combinant régimes douaniers, dépot sous douane et surveillance douanière. Toutes ces paperasseries démesurées nous compliquent vraiment la vie. Malgré tout cela, la production progresse et, l'année dernière, nous avons assemblé 5 000 ordinateurs. Cette année - selon les premiers résultats de janvier - nous prévoyons la production de 800 à 1 000 ordinateurs par mois".
La société ZVT-Previs continue donc à déployer des efforts pour la création de la zone franche. L'attribution de ce statut est dans la compétence exclusive du gouvernement de la République slovaque. L'ex-gouvernement n'a donné suite à aucune des demandes d'autorisation, ce qui est un paradoxe surprenant car, d'un côté il avait tout fait pour gagner le partenaire étranger pour ZVT-Previs et, ensuite, il a érigé un rideau de fer empêchant le développement de la coopération. C'est au nouveau gouvernement de jouer.
Jozef Stiegel
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