Première banque, créée au moment de l'introduction d'EURO :

BNP - Dresdner European Bank Vienne

Après la chute du mur de Berlin, les banques Dresdner Bank et Banque Nationale de Paris (BNP) coopérant ensemble depuis 25 ans, ont développé leur coopération même en Europe centrale et orientale. La première filiale a été ouverte en 1991 en Hongrie. Elle a été suivie ensuite de la Répu-blique tchèque, la Russie, la Pologne, la Bulgarie, la Croatie et la Roumanie. Un projet sur l'Ukraine est actuellement en élaboration. Jusqu'à présent, ces filiales étaient supervisées par des équipes d'experts, à Paris pour la BNP et à Frankfurt pour la Dresdner Bank. Il s'est avéré, à l'usage, qu'il serait plus opportun, à la fois d'un point de vue pratique et d'un point de vue psychologique, de créer une équipe commune qui pourrait devenir une sorte de direction régionale, d'où l'idée de créer un holding bancaire avec son siège à Vienne. La banque a deux codirecteurs : MM. Jürgen Haas-Wittmuss et François Brunot. Ce dernier a accordé une inter-view exclusive au siège de la banque à Vienne pour la revue Slovak Trade Forum :

BNP- Dresdner European Bank à Vienne est la première banque créée en même temps que l'euro, et à fonctionner directement en euro, ce qui a certains avantages techni-ques et psychologiques. Le 30 décembre 1998, vous avez obtenu votre licence bancaire, et vous êtes opéra-tionnels depuis quelques jours. Quelles sont les fonctions que la nouvelle banque doit remplir?

BNP- Dresdner European Bank à Vienne représente les deux actionnaires sur le marché autrichien, de façon à offrir aux filiales autrichiennes des clients multina-tionaux de la BNP, de la Dresdner Bank et aux grandes sociétés autrichiennes, actives dans les pays de l'Europe centrale et orientale, des services standard. La fonc-tion de direction régionale sera pourtant prioritaire. Les filiales de la BNP et de Dresdner Bank dans les différents pays deviendront progressivement des filiales de BNP-DEB A.G. Depuis le 1er février, la supervision de ces filiales a été transférée à l'équipe de direction, mise en place à Vienne.

Les filiales sont soucieuses que la créa-tion d'une direction régionale à Vienne ne se traduise pas par une couche de bureaucratie et de management supplémentaire. C'est la raison pour laquelle, dans la vocation de la nouvelle filiale viennoise, nous adoptons un double principe de subsidiarité, comme à la Commission Européenne. Nous ne ferons pas à Vienne ce qui peut être mieux fait directement dans les différents pays ou par les spécialistes des deux actionnaires dans le cadre de leur activité mondiale à Paris, Francfort ou Londres.

Quelles sont vos attentes dans les anciens pays communistes et en Europe de l'Est en général?

Les deux actionnaires sont des grandes banques internationales qui ont un ré-seau développé. Nous sommes présents à travers plus de 80 pays, et nous cou-vrons toutes les zones en développement économique. Dès que l'Europe centrale et orientale s'ouvrait à l'économie de marché, nous avions décidé d'ajouter cette zone en transition à l'ensemble de notre dispositif. Donc, çeci est notre stratégie d'ensemble. La réorientation très rapide des échanges internationaux de cette zone vers l'Union Européenne, et la procédure d'élargissement de l'Union européenne, ont contribué à cette décision. Maintenant, il ne tient qu'à la Slovaquie d'avancer plus vite que les autres pays dans le processus de convergence et d'harmonisa-tion. Je pense qu'elle aura beaucoup d'amis, qui sont prêts à l'appuyer dès lors qu'elle montrera qu'elle rattrape vite son retard initial.

Y a-t-il un phénomène qui condi-tionne le démarrage de vos activités en Slovaquie?

La Slovaquie ne figure pas, pour l'ins-tant, dans notre réseau. Ceci tient à plu-sieurs raisons. D´abord, nous ne pouvons pas couvrir tous les pays en même temps, et nous avons commencé par les pays qui étaient, soit les plus peuplés, soit les plus à l'économie occidentale. Nous avons ouvert des implantations dans tous les pays qui avaient une frontière commune avec l'Union européenne, à l'exception de la Slovénie.

La Slovaquie fait partie, pour nous, du second cercle. Quand on regarde sur la carte des implantations de notre réseau, il est évident que nous avons un trou qui est la Slovaquie. Il est probable que la Slovaquie deviendra notre prochain projet : Bratislava n'est éloignée de Vienne que de 60 km environ. la Slovaquie est un pays qui a une tradition industrielle ancienne, qui est en train de, progressivement, moderniser ses structures industrielles, et qui réalise la plus grosse partie de son commerce extérieur vers l'Union Européenne.

C´est vrai, l'alternance démocratique qui a eu lieu récemment en Slovaquie rassure les investisseurs, et nous rassure sur l'évolution politique de ce pays et son intégration dans le jeu politique international, ce qui nous facilite la considération d'une implantation en Slovaquie.

Nous avons actuellement beaucoup à faire pour installer notre nouvelle filiale autrichienne, pour en faire le centre du réseau des filiales déjà existantes. Je pense que nous travaillerons sur le projet slovaque dans quelques mois et que vous entendrez parler de nous en Slovaquie peut être déjà au cours de l'année 1999.

Est-ce qu'il ne serait pas plus avantageux pour vous d'entrer directement dans le cadre de la privatisation d´une banque en Slovaquie, que de créer une autre filiale?

Nos deux groupes connaissent très bien les banques slovaques , particulièrement la Dresdner Bank qui a, depuis plusieurs années, un bureau de représenta-tion à Bratislava qui est très actif dans différents domaines. Notre actionnaire allemand est une source précieuse d'informations sur les banques slovaques. Vous remarquerez que, dans tous les pays que j'ai mentionnés jusqu'à présent, nous n'avons jamais procédé par prise de participation ou par rachat d'une banque existante.

Nous avons toujours choisi de faire ce que les industriels appellent un développement green field , c'est à dire à partir de zéro. La raison principale est historique - les banques qui existaient dans les pays de l'Europe centrale et orientale étaient très marquées par l'ère précédente, à la fois dans la composition et la qualité de leur portefeuille de crédits et dans leur style de management. Il était très difficile d'envisager et d'assumer le portefeuille de crédit préexistant et de pouvoir trouver un terrain de management commun.

Pourquoi? La BNP et la Dresdner Bank offrent des services de qualité technique et financière standard auxquels nos grands clients internationaux sont habi-tués, et qu'il serait assez difficile de leur assurer ces services à travers une banque préexistante. Et c'est la raison pour laquelle je pense que, le jour où nous déciderons d'aller en Slovaquie, ce sera également à partir de zéro en recrutant notre propre équipe, en la faisant encadrer par quelques expatriés soigneusement choisis, et en nous intégrant progressivement à la communauté bancaire slovaque.

Ceci n'exclut pas ,cependant, la possibilité que, dans tel ou tel cas particulier, la BNP et la Dresdner Bank puissent s'intéresser à une privatisation qui leur paraîtrait particulièrement prometteuse.

Iveta Pustajovská

Slovak Trade FORUM