Les efforts de la Chambre de Commerce et d'Industrie Slovaque

L'invention française au profit de la Slovaquie

Une voix ne devrait pas faire défaut parmi les opinions concernant les relations commerciales franco-slovaques, celle de Peter Mihók, président de la Chambre de Commerce et d'Industrie Slovaque (CCIS), dont la sympathie pour la France est bien connue. Nous avons réussi a «l'attrapper» pendant son court arrêt en Slovaquie, après son retour d'une mission en Arabie Saoudite, au Koweït et aux Emirats arabes unis, immédi-atement avant un autre déplacement, en Allemagne cette fois, étant donné que les représentants de la CCIS faisaient partie de la délégation officielle.

Les relations entre la Slovaquie et la France s'améliorent grâce au travail de l'Ambassade de Slovaquie en France, de la Chambre de Commerce mixte Franco-Slovaque, et du Carrefour Francophone des Affaires. Pendant les années précédentes, elles ont connu plusieurs succès. Malgré cela, notre question est la suivante : où sont les réserves de la coopération économique franco-slovaque ?

Du côté français, je constate des possibilités d'améliorer le traitement du marché slovaque sur le plan du marketing. L'approche du marché slovaque par les Français est souvent spontanée. Après un début favorable, ils sont capables de se retirer au moment de l'apparition de la moindre difficulté. En France persiste une certaine manière de penser, qu'on peut appeler «métropolitaine», dont la source est le passé colo-nial de la France. Les colonies étaient gérées depuis la métropole, et celui qui voulait demander quoique ce soit était obligé de s'y rendre. Aujourd'hui, le commerce se développe sur une autre plate-forme, la préparation du marché nécessite davantage d'agressivité saine et, notamment, davantage de persévérance. Du côté slovaque, je vois souvent la tendance de nos sociétés à se concentrer trop à Paris, qui est le coeur de la France et le siège des entreprises cruciales. La concurrence y est la plus grande, et les sociétés domestiques et étrangères s'y empressent. C'est pourquoi les centres régionaux comme Lyon, Marseille, Lille, Strasbourg et d'autres villes, sont importants pour le développement des projets d'affaire de taille petite et moyenne. Les entrepreneurs slovaques pourraient y connaître un succès plus important qu'à Paris. Nos sociétés ont besoin de davantage de contacts dans les régions. Je sais par expérience que les sociétés sont bien accueillies dans les villes plus petites, et que la bousculade y est moindre. Les relations franco-slovaques sont marquées, des deux côtés, par la barrière linguistique. Le Français n'est maîtrisé en Slovaquie que par peu de personnes, et la répugnance des Français à l'apprentissage des langues étrangères est bien connue. Dans la jeune génération, l'importance de ce facteur est en recul, mais la génération moyenne en est encore marquée.

L'élimination de ces réserves est aussi un des devoirs de la CCIS ...

La Chambre a participé à la création de la Chambre de Commerce Franco-Slovaque. Nous avions, et nous avons toujours, intérêt à conserver le caractère naturel des rapports mutuels. Personnellement, je pense que, dans le contexte de l'intégration européenne, notre politique avec la France pourrait être beaucoup plus active. Par rapport aux tchèques et aux hongrois, l'orientation francophone de la Slovaquie est relativement bien marquée. La mentalité des Français et celle des Slovaques est proche sur le plan de la recherche des solutions aux problèmes. Le dénominateur commun en est un certain recul et une certaine souplesse, une moindre bureaucratie, et la volonté de chercher les contacts directs. Dans ce domaine, la CCIS envisage de jouer un certain rôle, nos chambres régionales tentent d'approfondir les contacts directs avec les régions individuelles de la France. Par exemple, les rapports entre la région de Kosice et la région de Champagne sont très favorables. Si nous arrivons à développer des contacts approfondis entre les régions, nous pourrons élargir les possibilités pour les entreprises petites et moyennes. Nous apprécierions une participation plus importante du capital français aux investissements dans l'économie slovaque.

Les technologies françaises sont cotées parmi les meilleures dans le monde...

Les Français se distinguent par leur inventivité, dont le niveau est peut être le plus élevé en Europe. Chacun perçoit la France comme un pays de culture, d'art et de mode, mais elle joue aussi un rôle important dans le domaine de la technique, par exemple dans celui de l'énergie atomique, étant donné que les systèmes français sont les meilleurs au monde. De même, dans le domaine des systèmes de transport, le TGV français représente une technique et une technologie de pointe. La technique aéronautique, par exemple le Mirage, fait également partie de la pointe, et le monde entier s'y intéresse. La France est riche en inventions, et il serait bon d'attirer dans l'économie slovaque, sous forme d'investissements directs, un de ces produits français de pointe. La CCIS envisage de faire sur le territoire français un effort dans ce sens là, afin de motiver les investisseurs en France. En plus, nous sommes en train de préparer un séminaire sur les investissements, consacré aux rapports bilatéraux entre la France et la Slovaquie.

Milan Hajóssy

Slovak Trade FORUM