SLOVAQUIE : De nouvelles opportunités pour investir

C'était le thème principal du Sémi-naire organisé au Sénat en janvier dernier par l'Association pour le Développement des Relations Franco-Slovaques, avec la participation du Ministre de l'Economie M. Ludovít Cernák, et M. Pierre Moscovici, Ministre Délégué auprès du Ministre des Affaires Etrangères, chargé des Affaires Europé-ennes.Le gouvernement issu des élections de septembre 1998 a, en effet, fixé de nouvelles priorités, qui incluent une participation des investisseurs étrangers. Ces priorités, qui figurent dans le programme du gouvernement adopté début décembre par le Parlement, portent sur la réduction des déficits du budget et des comptes courants, le rétablissement de la transparence dans la vie économique et l'accession à l'OCDE et à l'Union Européenne. Pour mener à bien cette nouvelle politique économique, le gouvernement compte sur l'arrivée d'investissements étrangers, qui ne représentent à ce jour que 10% du PIB. Il prépare des mesures favorables à l'investissement productif, et les entreprises européennes sont tout particulièrement sollicitées, notamment lors de la Conférence sur l'Investissement Etranger organisée à Bratislava par la Commission Européenne les 18 et 19 février dernier.

Les entreprises françaises, déjà très présentes sur le marché slovaque, paraissent bien placées pour saisir les opportunités offertes par cette nouvelle donne économique. En effet, nos échanges commerciaux sont en forte croissance (+24,8% selon les statistiques slova-ques, + 7,1% selon les statistiques françaises) avec une tendance à l'équilibre au-tour de 2,5 milliards de francs à l'export comme à l'import, grâce à nos achats de Golf Volkswagen. Avec 4% des importa-tions totales de la Slovaquie, nous nous plaçons au 6ème rang des pays fournis-seurs, après l'Autriche (4,6%), mais loin derrière l'Allemagne (25,8%).

Quant aux investissements français, ils représentent 5% du stock total des IDE avec 650 millions de francs, et, en y incluant les investissements ayant transité par nos filiales d'Autriche et d'Allemagne, ils devraient être proches du milliard de francs. Avec 130 bureaux de représentation, filiales et participations, la France se situe au 6ème rang des pays investisseurs.

De nouvelles opportunités vont se présenter en 1999 avec le programme de privatisation du gouvernement.Certes, plus de 80% du PIB sont aujourd'hui réalisés par le secteur privé, mais Bratislava souhaite aller plus loin en recherchant des partenaires pour les grandes banques publiques, les Télécom-munications, la Poste, la Santé, l'eau et l'assainissement. Au surplus, le Fonds du Patrimoine National va établir une liste des privatisations réalisées dans le passé, et celles pour lesquelles les engagements n'auront pas être tenus pourront être proposées à nouveau à la privatisation ; cela pourrait concerner de grandes entreprises industrielles susceptibles d'intéresser des investisseurs étrangers.

Le Gouvernement a aussi décidé de libérer progressivement les prix encore administrés ce qui aura pour consé-quence de permettre aux collectivités locales de déléguer la gestion de leurs services publics (chauffage urbain, collecte et traitement des déchets, éclairage public, logement social etc.) alors qu'elles étaient, jusqu'à présent, handicapées par l'insuffisance des tarifs autorisés.

Enfin, le retour à la transparence dans la vie économique devrait ouvrir de nouvelles perspectives pour la création de sociétés de services financiers, de conseils aux entreprises, recrutement, informatique, audit etc. Le tourisme, encore peu exploité, présente de fortes capacités de développement, aussi bien sur le plan de l'hôtellerie que pour la mise en valeur des stations de montagne.

Pour les entreprises françaises qui souhaitent prendre pied sur le marché slovaque, notamment en privilégiant la coopération industrielle compte tenu des nombreux atouts du pays (main d'oeuvre qualifiée, bas prix, stabilité économique et sociale, situation géographique...), plusieurs possibilités d'assistance et de conseil existent à Bratislava.

En effet, outre les Services d'Expansion Economique, la Chambre de Commer-ce Franco-Slovaque, dont le 5ème anniversaire sera fêté le 31 mars, conduit une politique de contact avec les compagnies consulaires françaises pour faire connaître le marché slovaque.Une section des Conseillers du Commerce Extérieur rassemble de bons connaisseurs du tissu industriel local. Enfin, dans le cadre de la Bourse de soustraitance de l'Agence Nationale pour le Développement des PMI, fonctionne un Carrefour Francophone des Affaires pour la coopération industrielle.

La venue, à la fin mars, du Secrétaire d'Etat au Commerce Extérieur, M. Jacques Dondoux, qui sera accompa-gné d'une importante délégation d'hommes d'affaires, devrait donner un nouvel élan à nos relations économiques.

Michel Duger
conseiller économique et Commercial près l'Ambassade de France en Slovaquie

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