|
|
|
| Les entrepreneurs français trouveront en République slovaque des partenaires fiables |
Dans la politique, culture et économie européenne et mondiale, la France a toujours joué et joue un rôle important. Nous avons demandé a Ludovít Cernák, ministre de l'Economie de la République slovaque, d'exprimer ses opinions sur les questions actuelles et futures de la coopération économique franco-slovaque.
l'époque
actuelle, un haut représentant du Ministère français
du Commerce extérieur, accompagné d'un groupe d'entrepreneurs
fran-çais, doit se rendre en Slovaquie. Monsieur le ministre, comment
concevez-vous l'importance et le rôle de la France dans le monde
actuel et notamment en Europe, sur le plan politique et surtout économique?
La France a une influence déterminante sur la formation de la scène politique internationale et l'orientation de l'évolution économique à l'échelle mondiale. Je perçois la France comme un pays ayant un poids important dans les structures européennes. Je considère nos relations économiques, culturelles et politiques, traditionnellement bonnes, comme facteur favorisant les aspirations slovaques à l'adhésion à l'UE et l'OTAN. C'est pour cela que je considère cette visite comme très importante, surtout sur le plan politique et économique.
Comment estimez-vous jusqu'-ici la coopération des milieux indus-triels, financiers et commerciaux entre la France et la Slovaquie? Considérez-vous qu'elle est suffisante, vu nos intérêts actuels et futurs, par rapport à d'autres pays développés?
J'estime que notre coopération avec la France est très bonne mais, malgré cela, je vois d'autres possibilités de coopéra-tion dans le domaine de l'industrie et des échanges mutuels. Ma visite à Paris, au mois de janvier, était orientée vers l'exploitation de ces possibilités et, probablement, le voyage de Monsieur Jacques Dondoux, ministre français du Commerce extérieur, sera orienté et préparé de la même manière.
Quels
sont les secteurs ou branches de l'économie, où vous ressentez
le plus l'absence d'une coopération plus profonde? Quels sont les
domaines, où les chances qu'avaient les deux pays après 1989,
et surtout 1993, après la création de la Slovaquie indépendante,
n'ont pas été exploitées?
La coopération avec la France progresse dans toutes les branches principales de l'économie, donc je ne peux pas dire que je ressente une absence de coopération. Néanmoins, il y a des branches, où apparaissent des possibilités beaucoup plus grandes que celles exploitées jusqu'ici, notamment dans les constructions mécaniques, la chimie, le bois, le textile et l'industrie du verre. Parmi les branches non industrielles, je me réjouirais d'une coopération plus intense dans le domaine du tourisme.
Je vois aussi d'amples possibilités de coopération dans les activités sur les marchés tiers; donc de la Slovaquie vers l'Europe de l'Est et de la France vers les champs d'action de celle-ci.
Quant à la deuxième partie de votre question, on peut dire, de façon générale, que la réalisation des projets a été influencée de façon considérable par le désordre dans la politique intérieure de la Slovaquie, l'insuffisance des ressources financières du côté slovaque, ainsi qu'un cadre indus-triel moins avantageux que celui de nos voisins.
Sur les projets plus importants non réalisés, il s'agit de l'entrée au capital de la société Saint-Gobain dans la société Skloplast Trnava. Après des négociations sur la majorité des parts qui n'ont pas abouti, Saint-Gobain a acquis 90% des parts de la société tchèque VERTEX, producteur de fibres de verre.
Certains autres projets en cours se heurtent surtout à l'incapacité de proposer au partenaire des conditions lui assurant que la production en Slovaquie sera plus avantageuse qu'en France, ainsi qu'à l'insuffisance des ressources financières du côté slovaque. Je suis persuadé, que la stratégie de soutien des investissements étrangers préparée permettra de surmonter les obstacles existant, la réalisation des projets en cours sera accélérée, et je suis convaincu qu' une série de nouvelles opportunités va apparaître.
En
quoi pourrait consister votre apport personnel en faveur d'un développement
plus intense des relations franco-slovaques? Quel est le message que vous
souhaitez faire passer aux entrepreneurs français qui "lorgnent"
vers la Slovaquie mais, pour différentes raisons, hésitent
à venir sur notre marché, y investir, y fonder des sociétés
communes, et participer ainsi, pour le bien des deux parties, au développement
d'un pays dont l'aspiration est aussi de devenir membre de l'UE?
J'ai fait les premiers pas en faveur de l'intensification des relations franco-slovaques au cours de ma visite à Paris au mois de janvier. J'ai pris part au séminaire "Slovaquie, nouvelles opportunités pour les investisseurs", organisé par l'Association pour le Développement des Relations Franco-Slovaques, fondée par des directeurs d'entreprises françaises et slovaques, exerçant des activités industrielles dans les deux pays. A ce séminaire ont participé des entrepreneurs français intéressés par la coopération avec la Slovaquie. Je prépare des actions analogues en Slovaquie au cours de la visite de mon partenaire français. Je considère aussi comme importants l'initiative et le soutien des activités de l'Agence Nationale pour le Développement de la Petite et Moyenne Entreprise dans le cadre du Carrefour Français des Affaires et de la Bourse de Sous-traitante industrielle.
Comme message aux entrepreneurs français qui seraient intéressés à investir dans les entreprises slovaques et avoir une coopération avec elles, je peux confirmer que le nouveau gouvernement slovaque porte un très grand intérêt au développement de la coopération économique intense avec les partenaires étrangers. Un document important est soumis au gouvernement, qui va influencer de façon considérable le cadre de l'entreprise.
Dans la stratégie préparée, on prévoit, pour les entreprises répondant à certaines conditions en matière de durée et de montant d'investissement et du nombre d'emplois créés, des exonérations fiscales, à condition d'utiliser une partie fixée du profit pour le soutien de l'emploi, la réduction du temps d'amortissement de certains matériels, installations, équipements et bâtiments de production; la franchise de droits de douane à l'importation et de TVA pour certains matériels et équipements; la déduction de l'assiette imposable d'une partie des coûts affectés à la recherche/développement; des prêts sans intérêt à la formation et recyclage des citoyens de Slovaquie; la mise à disposition de zones préparées pour l'investissement, etc. Le gouvernement prépare, pour approbation, plusieurs programmes de soutien valables pour toutes les entreprises, locales, étrangères et communes. C'est le développement des activités dans les zones les plus touchées par la reconversion des branches de l'industrie lourde et avec un taux de chômage élévé qui aura le plus de soutien. Les investissements dans le tourisme seront, eux aussi, bien accueillis. Je peux assurer les entrepreneurs français que, en Slovaquie, ils trouveront des partenaires fiables, des gens qualifiés, travailleurs et créatifs.
Propos recueillis par Lubomír Mestánek
|
|
|
|
Slovak Trade FORUM