La France - partnenaire économique important de la Slovaquie

(10 règles d´or pour développement perspectif)

Pendant les six ans de l´existence de la République slovaque (RS) indépendante , les échanges commerciaux avec la République française (RF) ont accusé, et accusent toujours, une dynamique plus élevée que le commerce extérieur de la RS dans son ensemble. Sur le plan du volume des investissements étrangers en Slovaquie, la France occupe la quatrième position derrière l´Allemagne, l´Autriche et la Grande Bretagne. L´ambassadeur de la RS en France M. Vladimír Valach a résumé, dans un "décalogue" de règles d´or, les conditions favorables pour un futur développement intégral des relations économiques et commerciales.

  1. Une volonté politique claire de développer des relations commerciales économiques correctes entre la France et la Slovaquie, basée sur le principe d´avantages mutuels, existe. Le dialogue politique régulier continue, même pendant les voyages des membres du gouvernement.Le ministre français des Affaires étrangères a été le premier à effectuer, au début de l´année 1993, une visite officielle à la nouvelle RS. Les documents de création du Crédit Lyonnais Bank Slovakia ont été signés trois jours après la séparation monétaire entre la couronne tchèque et la couronne slovaque, le 11 février 1993. Ainsi, cette banque renommée sur le plan mondial, dont le siège se trouve à Paris, a donné au monde un signe important, révélant sa confiance dans les perspectives économiques de l´état nouveau(pour ce qui est du résultat économique par travailleur en 1997, cette banque se trouve parmi les meilleures en Slovaquie). Les contacts réguliers entre les ministères des Affaires Etrangères des deux pays, les accords de coopération entre, entre autres, les ministères de l´Economie et de l´Agriculture, représentent des conditions favorables pour une coopération dépassant le niveau standard dans beaucoup de secteurs.
  2. Sur le plan du développement conjoncturel général, les économies de la France et de la Slovaquie sont, en principe, assez complémentaires dans beaucoup de secteurs. Dans l´économie française développée, l´offre est supérieure à la demande et, dans l´économie slovaque en voie de transformation, c´est l´inverse. Sur le plan des technologies de pointe, la France peut faire beaucoup de propositions intéressantes pour la modernisation et la restructuration de beaucoup de secteurs en RS. D´autre part, une demande permanente de la part des sociétés françaises persiste pour les produits des indus-tries slovaques métallurgiques, chimiques, textiles, des constructions mécaniques, du bois, et du verre. Les produits d'Europe centrale et orientale sont plus intéressants pour les sociétés françaises sur le plan du prix, de la qualité et des frais de transport, que ceux qui proviennent des marchés d´Asie et d´Amérique Latine, plus éloignés. Les possibilités de coopération entre les sociétés françaises et slovaques sur les marchés tiers des pays francophones et des pays de l´ex-URSS ne sont, pour l´instant, que très peu utilisées.
  3. La Slovaquie, en tant que pays nouveau, n´est pas encore aussi bien connue en France que ses voisins. C´est pourquoi il sera nécessaire d´améliorer nettement la publicité de la Slovaquie dans le monde. Nous avons pu le constater par exemple à Marseille, où nous avons été informés que seulement 16 sociétés, sur les 55 000 membres de la Chambre de Commerce Régionale, avaient des contacts avec des sociétés slovaques. C´est pourquoi l´Ambassade de la RS prépare plusieurs activités de publicité, à Paris et en province.
  4. Pour faire connaître la Slovaquie en France, et pour continuer à développer la coopération économique, il faut se servir d´un élément et d´un outil important, qui est la régionalisation. La France, ce n´est pas seulement Paris, de même que la Slovaquie, ce n´est pas seulement Bratislava. Les centres importants de croissance économique en France sont Lyon, Marseille, Strasbourg, Bordeaux, Lille et d'autres. En Slovaquie, ce sont Trencín, Zilina, Kosice, Presov, Banská Bystrica, Lucenec. Dans ce domaine notre collaboration avec la Chambre de Commerce Franco-Slovaque, avec la Chambre de Commerce et d'Industrie Slovaque, et avec leurs partenaires dans les régions françaises, s´est avérée profitable. Progressivement, il sera nécessaire de construire systématiquement un réseau des consulats honoraires et généraux en France. Les différents rassemblements et associations de nos compatriotes en France ne sont utilisés que partiellement pour le développement de la coopération économique.
  5. De nombreuses grandes sociétés comme Rhône-Poulenc, Générale Sucrière, Carnaud metallox, Alcatel, Matra Communication, Eurocopter, Bull et Globtel sont présentes en Slovaquie. Le domaine des petites et des moyennes entreprises offre un potentiel considérable pour un futur développement. En France, il y a 3 millions de sociétés, dont 2 200 000 ont moins de 50 employés, et seulement 2 000 en ont plus de 500. La Chambre de Commerce Franco-Slovaque, l´Agence Nationale pour le développement des petites et des moyennes entreprises en RS, les banques et d´autres établissements, jouent un rôle important dans la recherche et l'établissement de contacts directs. Cependant, les départements de commerce et d´économie des Ambassades des deux pays doivent jouer un rôle irremplaçable, et la coopération entre eux est bonne.
  6. La création de sociétés mixtes (les Joint-Ventures) est une forme extraordinaire de relations de partenariat, car elle représente la solution à plusieurs objectifs en même temps ( importations de la technologie et du capital) d´une part, et le sommet d´une coopération à long terme d´autre part. Sur le plan de l´arrivée du capital étranger en Slovaquie sous forme d'investissements directs, la France occupe la quatrième position (117 entreprises). Par rapport à l´Autriche (1 500 entreprises à peu près), la coopération accuse des réserves considérables. Mais des possibilités réelles existent, pour les années qui viennent, de multiplier le nombre des Joint-Ventures. Par exemple, dans le domaine de l´Union des Coopératives, qui a une bonne coopération avec l´ICOSI français, il est possible, conformément àl´exemple de "Kveta Nová Bana " ayant 2 sociétés mixtes, de créer quelques dizaines de Joint-Ventures.
  7. Il faut commencer quelque part, et ce début pourrait être une présence plus forte des sociétés slovaques aux foires et aux salons en France et inversement. Les activités du Fond de soutien au commerce étranger pourraient se diriger dans ce sens là. La Chambre de Commerce Franco-Slovaque fait un bon travail dans ce domaine car elle envoie régulièrement les calendriers d´activité des sociétés d´exposition slovaques aux 183 chambres de commerces, régionales et locales, en France. Les expériences positives de la participation de la coopérative de production "Kveta Nová Bana " à la foire de Paris en 1991 illustrent bien l'intérêt de cet effort.
  8. Dans les relations de partenariat à long terme avec les sociétés françaises, nos entreprises doivent être conscientes de la nécessité d´un processus d´adaptation très marqué, qui est en cours chez leurs partenaires, du fait de l´intégration à l'Europe et de la tendance à la globalisation et à la mondialisation. Les sociétés françaises analysent dès maintenant, de manière très intensive, l´impact des réformes et de l´élargissement de l´Union Européenne, de l´introduction de la monnaie commune l´EURO et, par conséquent, elles sont en train de réorganiser et restructurer leurs organisations internes, leurs relations vis-à-vis des banques et leur commerce extérieur. Les processus d´informatisation et de globalisation dépassent toutes les couches de la structure complexe multicouche des entreprises. La méconnaissance de la dynamique et de la dialectique de la gestion de ces changements par les partenaires slovaques pourrait signifier; dans les rapports avec les sociétés françaises, un "dialogue de sourds". En revanche, les sociétés mixtes et la perception des changements au sein des sociétés françaises en Slovaquie représentent la meilleure forme de préparation de la Slovaquie à l´adhésion à l'Union Européenne dans le domaine de la micro-économie.
  9. A côté des domaines de système et de conception "de pointe", présentés ci-dessus, il ne faut pas sous-estimer le rôle de l´équipement et du personnel des départements commerciaux des Ambassades. Ici, malheureusement, on ne peut pas tout attendre, ni de la réorganisation, ni des rapports de partenariat très bons, ni de la bonne volonté de la part de l´Ambassadeur et du responsable du département de bien coopérer, mais, surtout, il faut que le ministère de l´Economie sélectionne le meilleur personnel possible.
  10. La Slovaquie se trouve dans une phase importante de son processus de transformation. Dans son histoire de mille ans, il n´y a pas eu de période plus importante que celle des années 1990 - 2000. Dans la réforme économique et dans le processus de transformation, il est nécessaire de bien appliquer et d´introduire dans la pratique les systèmes et les mécanismes qui ont fait leurs preuves dans les économies de marché développées. Il est particulièrement positif que ce soit justement de la France que la Slovaquie assimile et puisse assimiler beaucoup de mécanismes d´accélération du processus de transformation. Je vais mentionnerai son système de soutien aux exportations (la France est le quatrième exportateur du monde), sa politique régionale, son système de soutien aux entreprises petites et moyennes dans toutes les phases de leur développement.

Il est très bien que, déjà en 1991, la Slovaquie ait créé, la première des pays de l´Europe centrale et orientale, une banque de garantie pour le soutien des petites et moyennes entreprises en vertu de l´exemple de la banque française "Sofaris".

Il est bien que, à partir de 1993, nous ayons commencé à construire le Crédit Lyonnais Bank Slovakia et ses mécanismes.

Il est bien que, conformément à l´exemple de l´association française AFTE, nous ayons créé, en 1996, les premiers et, pour l´instant, les seuls en Europe centrale et orientale, l´Associa-tion Slovaque des Financiers d´Entreprise.

Il est bien que, déjà en 1994, nous ayons créé la Chambre de Commerce Franco-Slovaque, qui aide, de manière très efficace, à nouer des contacts entre les sociétés françaises et slovaques, et qui est une des plus actives parmi presque 80 chambres françaises mixtes dans le monde.

En Slovaquie travaillent, à côté des entreprises françaises et des sociétés mixtes, de nombreuses institutions très utiles, car elles aident à surmonter les difficultés initiales liées à la réforme économique. Par exemple l´institution française SEPAC travaille depuis 6 ans, en coopération avec le ministère de l´Emploi de la République slovaque, dans les 15 centres de reconversion professionnelle des chômeurs en Slovaquie, en initiant ces derniers aux affaires. Pour la seule année 1997, ces cours intensifs de reconversion ont été suivis par 500 chômeurs, qui ont créé ensuite 240 petites et moyennes entreprises.

Des sociétés, des institutions et des personnes privées françaises participent aussi, de manière active, à notre processus de transformation.

Conclusion: Que faut-il ajouter à la fin ? Peut- être une chose, qui peut sembler être peu modeste sur le plan personnel, mais très actuel sur le plan pratique. Quand le président français Jacques Chirac a reçu, le 7 octobre 1997, le nouveau ambassadeur de la RS, à l´oc-casion de la remise des lettres de créance de ce dernier, il a clairement souligné que les autorités françaises appréciaient le fait que la RS ait envoyé en France, comme Ambassadeur, un banquier, afin d´exprimer son effort pour souligner la dimension économique de la diplomatie, qui était aussi l´objectif de la France. Après un travail d´une année et demi en France, il faut rappeler, que, rien qu'en vertu du renforcement des relations économiques et commerciales, il est possible d´élargir efficacement et à long terme les relations politiques et culturelles.

Vladimír Valach
Ambassadeur de la République slovaque en République française

Slovak Trade FORUM